
- Titre VF : Id.
- Année : 1953
- Réalisateur : Phil Tucker
- Interprètes : George Nader, Claudia Barrett, Selena Royle, John Mylong, Gregory Moffet, Pamela Paulson, George Barrows, John Brown, ....
- Genre : Gros singe de l'espace
Après l'inénarrable Plan 9 from Outer Space, nous abordons Robot Monster, sorti un peu plus tôt, mais qui dispute au métrage d'Ed Wood le titre de pire film de science-fiction américain des années 1950. Autant le dire d'emblée, le film que nous allons chroniquer ici possède lui aussi un statut de culte.

Son réalisateur, Phil Tucker (1927-1985) en est alors à son premier film. Du côté des comédiens, on peut citer George Nader (1921-2002), qui se fera connaître avec la série télévisée The Loretta Young Show (qui lui vaudra un Golden Globe en 1955) et Selena Royle (1904-1986) une actrice de théâtre et de cinéma au parcours plus qu'honorable et qui se retrouve sur liste noire dans les années 1950, ce qui marquera le déclin de sa carrière.
Robot Monster raconte une histoire d'invasion extraterrestre. En Californie, la famille d'un archéologue est en train de faire un pique-nique, lorsque l'un des enfants, se retrouve nez à nez avec un extraterrestre ressemblant à un singe. Il s'agit de "Ro-Man", qui vient d'anéantir la population humaine et qui grace à son rayon, a ramené les dinosaures en vie. La famille a été épargnée grâce à un sérum. Sous les ordres de son maître, le Guide Suprême, Ro-Man menace donc de les exterminer à leur tour.

En voilà une drôle d'histoire! La particularité essentielle de Robot Monster est sans nul doute l'apparence de ce Ro-Man, un extraterrestre ressemblant à un gros gorille, affublé d'un casque de scaphandrier. L'explication réside dans le fait que Phil Nader disposait de peu de budget pour la réalisation de son film, et qu'il n'avait pas les moyens de louer un costume de robot. Comme l'acteur George Barrows, interprète de Ro-man, était habitué à jouer des rôles de gorilles au cinéma, il utilisa son costume pour le film, en prenant soin de lui rajouter le casque de scaphandrier. On obtient donc un extraterrestre totalement improbable, au look complètement ringard. Ro-Man semble en effet plus lourdaud que réellement menaçant.
Les décors du film se limitent à une vieille maison en ruine où la famille est réfugiée, et à une caverne voisine, où naturellement Ro-Man a établi son laboratoire. Ce dernier est bien spartiate, puisqu'on y trouve seulement un écran de communication qui sert à Ro-Man à entrer en liaison avec son maître, le Guide Suprême, ainsi qu'une drôle de machine émettant des bulles de savon (la pointe de la technologie!). On ne sait pas à quoi sert cet engin, mais Ro-Man la manipule tout le long du film.

Quant à la résurrection des dinosaures, les scènes de combats sont en fait tirées d'autres films, il s'agit de stock-shots de Tumak, fils de la jungle (1940).

Improbabilité du scénario, ringardise du monstre et décors minimalistes, voilà ce qui pourrait caractériser Robot Monster. Vous ne vous ennuierez pas une seconde à la vision de ce film plus qu'improbable : le gros Ro-Man poursuit les deux héros, mais le costume de gorille n'étant pas pratique pour être rapide et faire la course, les protagonistes paraissent faire exprès de faire une chute tous les cinq mètres pour se faire rattraper. Plus tard, lorsque l'héroine du film est capturée, on voit Ro-Man qui s'apprête à la ligoter. Il reçoit au même moment un appel de son chef via l'écran de communication. Il laisse alors sa captive inconsciente (elle s'est naturellement évanouie pour lui faciliter la tâche). Lorsqu'il revient à elle, nous la voyons comme par enchantement entièrement ligotée... Toute la magie du cinéma! Niveau effets spéciaux, lorsque Ro-Man anéantit une fusée, elle crashe dans une explosion et une nuée d'éclairs, mais nous distinguons parfaitement la main qui tient l'appareil (à défaut d'un fil comme dans Plan 9 from Outer Space).

Inutile de préciser que lors de sa sortie au cinéma, Robot Monster fut descendu par les critiques. Le film était alors sorti en 3D. Des rumeurs ont circulé au sujet du réalisateur Phil Tucker, qui devant l'accueil réservé à son film, aurait tenté de se suicider. Quoi qu'il en soit, à défaut d'une carrière de réalisateur (qui ne décollera jamais), il travaillera comme monteur et en post production sur diverses œuvres plus "honorables" comme Orca (1977), de Michael Anderson ou le remake de King Kong (1976).
Robot Monster, petit film culte aujourd'hui pour sa ringardise est à conseiller si vous appréciez ce genre de nanars. Idéal en duo avec Plan 9 from Outer Space pour animer votre soirée vidéo.