jeudi 7 janvier 2016

Robot Monster (1953)



- Titre VF : Id.
- Année : 1953
- Réalisateur : Phil Tucker
- Interprètes : George Nader, Claudia Barrett, Selena Royle, John Mylong, Gregory Moffet, Pamela Paulson, George Barrows, John Brown, ....
- Genre : Gros singe de l'espace

Après l'inénarrable Plan 9 from Outer Space, nous abordons Robot Monster, sorti un peu plus tôt, mais qui dispute au métrage d'Ed Wood le titre de pire film de science-fiction américain des années 1950. Autant le dire d'emblée, le film que nous allons chroniquer ici possède lui aussi un statut de culte.




Son réalisateur, Phil Tucker (1927-1985) en est alors à son premier film. Du côté des comédiens, on peut citer George Nader (1921-2002), qui se fera connaître avec la série télévisée The Loretta Young Show (qui lui vaudra un Golden Globe en 1955) et Selena Royle (1904-1986) une actrice de théâtre et de cinéma au parcours plus qu'honorable et qui se retrouve sur liste noire dans les années 1950, ce qui marquera le déclin de sa carrière.

Robot Monster raconte une histoire d'invasion extraterrestre. En Californie, la famille d'un archéologue est en train de faire un pique-nique, lorsque l'un des enfants, se retrouve nez à nez avec un extraterrestre ressemblant à un singe. Il s'agit de "Ro-Man", qui vient d'anéantir la population humaine et qui grace à son rayon, a ramené les dinosaures en vie. La famille a été épargnée grâce à un sérum. Sous les ordres de son maître, le Guide Suprême, Ro-Man menace donc de les exterminer à leur tour.



En voilà une drôle d'histoire! La particularité essentielle de Robot Monster est sans nul doute l'apparence de ce Ro-Man, un extraterrestre ressemblant à un gros gorille, affublé d'un casque de scaphandrier. L'explication réside dans le fait que Phil Nader disposait de peu de budget pour la réalisation de son film, et qu'il n'avait pas les moyens de louer un costume de robot. Comme l'acteur George Barrows, interprète de Ro-man, était habitué à jouer des rôles de gorilles au cinéma, il utilisa son costume pour le film, en prenant soin de lui rajouter le casque de scaphandrier. On obtient donc un extraterrestre totalement improbable, au look complètement ringard. Ro-Man semble en effet plus lourdaud que réellement menaçant.

Les décors du film se limitent à une vieille maison en ruine où la famille est réfugiée, et à une caverne voisine, où naturellement Ro-Man a établi son laboratoire. Ce dernier est bien spartiate, puisqu'on y trouve seulement un écran de communication qui sert à Ro-Man à entrer en liaison avec son maître, le Guide Suprême, ainsi qu'une drôle de machine émettant des bulles de savon (la pointe de la technologie!). On ne sait pas à quoi sert cet engin, mais Ro-Man la manipule tout le long du film.




Quant à la résurrection des dinosaures, les scènes de combats sont en fait tirées d'autres films, il s'agit de stock-shots de Tumak, fils de la jungle (1940).




Improbabilité du scénario, ringardise du monstre et décors minimalistes, voilà ce qui pourrait caractériser Robot Monster. Vous ne vous ennuierez pas une seconde à la vision de ce film plus qu'improbable : le gros Ro-Man poursuit les deux héros, mais le costume de gorille n'étant pas pratique pour être rapide et faire la course, les protagonistes paraissent faire exprès de faire une chute tous les cinq mètres pour se faire rattraper. Plus tard, lorsque l'héroine du film est capturée, on voit Ro-Man qui s'apprête à la ligoter. Il reçoit au même moment un appel de son chef via l'écran de communication. Il laisse alors sa captive inconsciente (elle s'est naturellement évanouie pour lui faciliter la tâche). Lorsqu'il revient à elle, nous la voyons comme par enchantement entièrement ligotée... Toute la magie du cinéma! Niveau effets spéciaux, lorsque Ro-Man anéantit une fusée, elle crashe dans une explosion et une nuée d'éclairs, mais nous distinguons parfaitement la main qui tient l'appareil (à défaut d'un fil comme dans Plan 9 from Outer Space).




Inutile de préciser que lors de sa sortie au cinéma, Robot Monster fut descendu par les critiques. Le film était alors sorti en 3D. Des rumeurs ont circulé au sujet du réalisateur Phil Tucker, qui devant l'accueil réservé à son film, aurait tenté de se suicider. Quoi qu'il en soit, à défaut d'une carrière de réalisateur (qui ne décollera jamais), il travaillera comme monteur et en post production sur diverses œuvres plus "honorables" comme Orca (1977), de Michael Anderson ou le remake de King Kong (1976).

Robot Monster, petit film culte aujourd'hui pour sa ringardise est à conseiller si vous appréciez ce genre de nanars. Idéal en duo avec Plan 9 from Outer Space pour animer votre soirée vidéo.

samedi 3 août 2013

Plan 9 from Outer Space (1959)



- Titre VF : Id.
- Année : 1959
- Réalisateur : Ed Wood
- Interprètes : Bela Lugosi, Vampira (Maila Nurmi), Tor Johnson, Dudley Manlove, Joanna Lee, Mona McKinnon, Gregory Walcott, Conrad Brooks, Lyle Talbot, Criswell, ....
- Genre : film culte


Nous commençons ici par un film emblématique, Plan 9 from Outer Space, réalisé par Ed Wood en 1956 et distribué en 1959. Beaucoup de choses ont été dites sur ce film, considéré assez injustement comme le plus mauvais film de tous les temps. Qu'en est-il véritablement?



Son réalisateur, Ed Wood (1924-1978) s'il est aujourd'hui devenu un cinéaste culte avec des titres comme Bride of the Monster (La Fiancée du monstre en V.F.) ou Glen or Glenda? était à l'époque un petit réalisateur de films de science-fiction fauchés qui comme bien d'autres, essayait de percer dans le milieu de l'industrie cinématographique. Plan 9 from Outer Space offre un aperçu intéressant de l'oeuvre de Ed Wood, puisqu'on y retrouve son style bien particulier et ses maladresses.



Le casting est très intéressant également, et nous renseigne indirectement sur le contexte de l'époque, offrant un parallèle entre le milieu hollywoodien privilégié et le système des séries B. Tout d'abord, Ed Wood fait appel à Bela Lugosi (1886-1956), ancienne star hollywoodienne qui tourna en particulier dans Dracula (1931), de Tod Browning ou dans L'île du docteur Moreau (1933). Sa carrière déclinant, et l'acteur étant dépendant à la morphine depuis des soucis de santé, il tourne essentiellement dans les films de Ed Wood depuis 1953.



Nous retrouvons également Vampira, alias Maila Nurmi (1922-2008), ex vedette de télévision qui présentait l'émission Movie Macabre en 1954 sur la chaîne ABC. Mise sur liste noire plus en raison de sa vie privée agitée que pour ses opinions politiques, l'actrice accepte de tourner pour Ed Wood uniquement pour des raisons financières. A noter que l'on reverra néanmoins cette comédienne atypique dans L’Épée enchantée (1962), de Bert I. Gordon.


Troisième acteur emblématique de Plan 9 from Outer Space : Tor Johnson (1903-1971), ex catcheur professionnel qui apparaît épisodiquement au cinéma depuis les années 1940. Ayant déjà tourné tout comme Bela Lugosi dans Bride of the Monster (1953), il réapparaîtra dans son dernier film The Beast of Yucca Flats en 1961.
Le reste du casting comprend l'actrice Mona McKinnon, habituée des films de Ed Wood, ou encore le mage Criswell, vedette de la télévision et qui fait ici la scène d'introduction du film.



L'histoire de Plan 9 from Outer Space, avec son tournage précipité et ses moyens réduits est plus intéressante que le film en lui-même et permet sans nul doute de mieux l'apprécier. Le film déjà, fut financé par une église baptiste, ce qui valut à toute l'équipe du film (acteurs compris) de se faire baptiser afin qu'Ed Wood puisse obtenir les fonds nécessaires.

Le scénario de Plan 9 met en scène une invasion extraterrestre : ces derniers ont décidé de mettre en garde les Terriens contre l'usage de la bombe. Ils décident alors de mettre en place le "plan 9", c'est à dire ressusciter les morts et les retourner contre les vivants. Des soucoupes volantes sont rapidement aperçues au-dessus de Hollywood. Parallèlement à la police, un jeune pilote d'avion et son épouse mènent l'enquête. Ils vont se retrouver confronter à Eros et Tanna, deux extraterrestres envoyés sur Terre pour mener à bien le plan 9.






A première vue, le scénario, s'il peut sembler biens simpliste aujourd'hui, ne diffère pas de bon nombre de petits films de science-fiction qui pullulent aux U.S.A dans les années 1950. Cependant, nous ressentons ici le faible budget de production alloué au film : des décors de carton pâte (le vaisseau spatial n'est qu'une pièce vaguement décorée d'objets futuristes, la cabine de pilotage de l'avion est assez mal reconstituée, les protagonistes font bouger les croix en carton du cimetière en passant trop près d'elles, etc.).

D'autre part, en conséquence sans doute de la rapidité du tournage mais aussi à cause de la maladresse de Ed Wood (il ne prenait généralement qu'une seule prise, considérant qu'elle était bonne), nous passons allègrement du jour à la nuit pendant plusieurs scènes. Par exemple, nous apercevons Vampira ressuscitée qui sort de sa tombe dans l'obscurité et le brouillard du cimetière. Au plan suivant, deux protagonistes l'aperçoivent, mais derrière eux, on se rend compte que l'on est en pleine journée. Ces genres de scènes abondent. Que dire d'autre? Lorsque les pilotes d'un avion voient des soucoupes volantes voler dans le ciel, le spectateur voit bien distinctement le fil qui les maintient en l'air. Mais le plus frappant réside certainement dans les scènes avec Bela Lugosi.

Lorsque le tournage du film débute en 1956, le comédien est en fait déjà décédé. Les scènes du début du film sont donc tirées de prises de vue antérieures, réalisées pour un autre projet de film. Et lorsque le comédien sort de sa tombe me direz-vous? Eh bien il ne s'agit aucunement de Bela Lugosi, mais d'une doublure, qui outre le fait d'être dans la vie réelle le chiropracteur de l'épouse d'Ed Wood -le réalisateur lui trouvait une vague ressemblance avec Lugosi dans le regard- a la particularité d'être beaucoup plus grand que lui. Naturellement, lors de ces scènes, la doublure apparaît toujours voilée dans sa cape pour ne pas révéler la supercherie.

Quant aux extraterrestres en question, non seulement d'apparence humaine, ils sont kitsch à souhait avec leur costume argenté brillant. D'ailleurs, ne vous souciez pas de cette invasion, car les extraterrestres en question ne sont qu'au nombre de trois, de même que les morts ressucités (Bela Lugosi, Vampira et Tor Johnson).



Plan 9 from Outer Space est-il le pire film de l'histoire du cinéma, comme l'a décrété un critique américain au cours des années 1980? Je répondrai à cette affirmation en disant que l'on peut difficilement qualifier ce film de "pire". Certes, Plan 9 n'est pas un bon film, mais parmi tous ses défauts, nous relevons tout de même certains points positifs : par exemple, la scène où l'inspecteur de police (interprété par Tor Johnson) sort de sa tombe au milieu d'une légère brume, avec une musique angoissante est très belle. Il faut dire que dans son ensemble, le film bénéficie d'une photographie et d'éclairages soignés.
Le scénario, même si les scènes s'enchaînent mal, n'est pas dénué d'intérêt, puisque les extraterrestres mettent ici les humains en garde contre les méfaits de la bombe nucléaire. Et puis avec les ans, à l'instar d'une bonne bouteille de vin, Plan 9 s'est bonifié. Il en découle aujourd'hui ce que l'on pourrait appeler la représentation par excellence d'un nanar : le film n'est pas bon, mais certains éléments comme son aspect kitsch ou son charme désuet concourent à rendre sa vision agréable.


Lors de sa sortie en 1959, près de trois ans après son tournage, le film ne connut pas de succès, et cet échec contraignit Ed Wood a ne tourner que de manière épisodique des films d'assez basse facture. Le réalisateur écrivait cependant beaucoup, et on lui doit les scénarios de plusieurs titres comme The Violent Years et Orgie macabre. Il mourra en 1978, dans un quasi anonymat, rongé par l'alcool et dans un état proche de la misère.

Ironiquement, depuis sa redécouverte dans les années 1970-80, Plan 9 from Outer Space est devenu un film culte pour beaucoup de cinéphiles, tout comme le réalisateur Ed Wood. En 1994, Tim Burton a d'ailleurs réalisé un excellent biopic de la vie du cinéaste (interprété par Johnny Deep), relatant notamment les tournages mouvementés de certains de ses films comme Bride of the Monster ou Plan 9. Si vous aimez Ed Wood et que vous voulez faire découvrir ses films à votre entourage ou certains de vos amis, je vous conseille donc de leur faire voir d'abord le film de Tim Burton, avant de les faire plonger dans l'univers bien particulier de ce réalisateur.

dimanche 15 mai 2011

Killers from Space (1954)

- Titre VF : Les tueurs de l'espace/Les tueurs venus de l'espace
- Année : 1954
- Réalisateur : W. Lee Wilder
- Interprètes : Peter Graves, James Seay, Steve Pendleton, Frank Gerstle, John Frederick, Barbara Bestar, Shepard Menken, Jack Daly, ....
- Genre : Extraterrestres ringards

Après Phantom from Space, sorti en 1953, W. Lee Wilder réalise un nouveau film de science-fiction qui sort l'année suivante, Killers from Space. Toutefois, si son précédent film restait honnête malgré un budget réduit, ce nouveau métrage affiche clairement son manque de moyens, avec des extraterrestres au look très ... particulier.




Le docteur Douglas Martin effectue un vol de reconnaissance au-dessus d'une zone qui a servi lors d'un test nucélaire. Victime d'un accident d'avion, il est retrouvé quelques heures plus tard et ramené à la base. Mais Martin n'est plus le même et se comporte étrangement. Ses collègues décident de lui administrer du sérum de vérité pour en savoir plus. Ils découvrent que le scientifique est manipulé par des extraterrestres malveillants qui veulent conquérir la planète.....

Au niveau du casting, notons que Peter Graves (1926-2010), qui joue le rôle du docteur Douglas Martin tiendra un rôle récurrent de 1967 à 1973 dans la série télévisée Mission impossible, puis se fera remarquer au cinéma dans les comédies Y a-t-il un pilote dans l'avion? (1980) et Y a-t-il enfin un pilote dans l'avion? (1982).




Ce qui frappe d'emblée dans ce Killer from Space est donc bien l'apparence des extraterrestres et de leurs yeux globuleux. Ceci s'explique tout simplement par le fait que le réalisateur W. Lee Wilder voulait économiser le budget de son film au niveau des effets spéciaux. En guise de maquillage, les extraterrestres du film portent donc des yeux factices, qui s'avèrent en réalité être des balles de ping pong coupées en deux! Il faut dire que le maquilleur Harry Thomas était un habitué des productions à budget microscopique, puisqu'on le retrouve tout aussi bien chez Ed Wood (dans Plan 9 from Outer Space) que chez Roger Corman (La petite boutique des horreurs).






Economie de moyens aussi avec l'emploi abusif de stock-shots, mettant en scène des lézards ou des insectes filmés en gros plan (ils sont censé représenter les créatures que les extraterrestres projettent de lâcher sur Terre). Les acteurs principaux, notamment Peter Graves et Barbara Bestar (dans le rôle de son épouse) tentent bien de jouer leurs personnages avec conviction, mais dans l'ensemble, les comédiens ne semblent pas y croire vraiment.

Nous obtenons donc un film au scénario qui aurait pu être intéressant, mais l'aspect comique (et involontaire) des extraterrestres, bon nombre de scènes bavardes, et l'emploi abusif de stock-shots font de Killer from Space un film d'assez basse facture. Au final, le spectateur a donc tendance à s'ennuyer, surtout que l'on aboutit à un final très américain où les envahisseurs disparaissent dans une explosion atomique. Reste donc des décors et des costumes assez kitschs qui pourront éveiller l'intérêt de certains amateurs de science-fiction des années 1950. Après tout, même si ce film démontre que W. Lee Wilder est un réalisateur assez médiocre, il n'en reste pas moins que Killer from Space demeure une curiosité, ne serait-ce que pour le look improbable de ses extraterrestres.

samedi 14 mai 2011

Phantom from Space (1953)



- Titre VF : Le Fantôme de l'espace
- Année : 1953
- Réalisateur : W. Lee Wilder
- Interprètes : Ted Cooper, Tom Daly, Steve Acton, Lela Nelson, Burt Wenland, Harry Landers, Harry Strang, Jim Bannon, Jack Daly, ....
- Genre : science-fiction





Nous allons présenter ici le film de science-fiction, Phantom from Space, réalisé en 1954 par W. Lee Wilder (1904-1986). Ce dernier est le frère du célèbre réalisateur Billy Wilder, à qui l'on doit des films comme Boulevard du crépuscule (1950) ou Cetains l'aiment chaud (1959), avec Marilyn Monroe. W. Lee Wilder n'aura pas eu la même renommée, puisqu'il oeuvra essentiellement dans la série B. Vous ne trouverez son nom dans aucun dictionnaire de cinéma. D'ailleurs, de leur vivant, les deux frères, en plus d'avoir pris des chemins opposés sur le plan professionnel, se détéstaient cordialement. Outre ce Phantom from Space, W. Lee Wilder a également réalisé Killers from Space et The Snow Creature (1954) ou encore The Omegans (1968).



Phantom from Space débute par le crash d'un OVNI dans la région de Los Angeles. Très vite, la population locale témoigne de la présence d'un être invisible et mystérieux. Il s'agit en fait d'un extraterrestre qui tente par tous les moyens de préserver sa survie. Un groupe de scientifiques met alors tout en oeuvre afin de stopper l'alien.




Empruntant à la fois à l'enquête policière et au surnaturel, Phantom from Space n'est pas sans évoquer la thématique de l'homme invisible. La créature, qui n'est pas forcément agressive mais qui agit par peur, apporte un aspect nuancé bienvenu à l'histoire, qui change de l'extraterrestre foncièrement hostile que l'on retrouve dans la plupart des films de science-fiction de l'époque.

La mise en scène de W. Lee Wilder est efficace, mais pas originale pour autant. On sent là un artisan habile, qui filme ce qui fut sans doute un pur film de commande.
Etant donné le budget modeste alloué à la production, les effets spéciaux sont peu présents à l'écran, et souvent suggérés, ce qui n'est d'ailleurs pas plus mal (cela se montre même préférable, l'extraterrestre étant invisible). Cependant, l'économie de moyens à ce niveau se fait un peu sentir sur l'ensemble du film. En effet, il se succède bon nombre de scènes ennuyeuses et bavardes avant d'apercevoir la créature.




Phantom from Space reste donc au final une honnête série B de science-fiction, qui a défaut d'être transcendante permet de passer un bon moment si on ne se montre pas trop exigeants. On pourra remarquer cependant que ce Phantom from Space vaut largement plus que le Killers from Space que W. Lee Wilder réalisera l'année suivante.

Teenagers from Outer Space (1959)



- Titre VF : L'invasion martienne
- Année : 1959
- Réalisateur : Tom Graeff
- Acteurs : David Love, Dawn Bender, Bryan Grant, Harvey B. Dunn, Tom Graeff, Helen Sage, Sonia Torgeson, Ursula Pearson, ....
- Genre : Homard (nanar) de l'espace

Nous restons dans la SF américaine des années 1950 (avec cette fois-ci un budget un peu plus confortable), avec Teenagers from Outer Space, réalisé par Tom Graeff en 1959. Rien de bien particulier à dire sur ce réalisateur né en 1929 et décédé en 1970, sinon qu'il débuta comme assistant sur Not of This Earth (1957) de Roger Corman. Plusieurs particularités cependant sont à relever concernant Teenagers from Outer Space. Tout d'abord, Tom Graeff se montre très polyvalent sur ce film : à la fois réalisateur, producteur, scénariste, technicien des effets spéciaux, directeur de la photographie, monteur et acteur! (sous le pseudonyme de Tom Lockyear). Deuxièmement, il confie le rôle principal de jeune premier à son compagnon de l'époque, l'acteur David Love. Il s'agissait de lancer sa carrière, mais le comédien jouera là le seul et unique rôle de sa vie au cinéma. Car si Teenagers from Outer Space est un peu mieux loti que Plan 9 from Outer Space de l'ami Ed Wood ou de Robot Monster, il entre lui aussi dans la catégorie du nanar intergalactique.






Le film débute avec l'atterrissage d'une soucoupe volante. A son bord, un petit groupe d'extraterrestres (au nombre de quatre, ce n'est pas une armée non plus!), d'apparence humaine et portant des combinaisons classiques. Ils sont chargés de trouver une planète non hostile pour y établir leurs troupeaux de Gargons. Un Gargon? Autrement dit une sorte de homard en cage. Nous reviendrons après sur les spécificités de cette créature assez particulière. Donc, nos extraterrestres sont à peine sortis de leur vaisseau qu'un chien aboie après eux. Allez hop! L'un d'entre eux dégaine son arme. Il s'agit d'une technologie de pointe. Un pistolet en plastique qui émet un rayon. Il vise, et nous voyons l'extraterrestre pointer l'animal. Puis plan sur le chien qui aboie toujours. Une lampe torche greffée au pistolet factice s'allume. Retour ensuite sur le chien qui se trouve réduit à l'état de squelette. Hé oui, voilà l'arme bien particulière des extraterrestres de Teenagers from Outer Space, ce qui assure des moments de fou rire garantis dès que le spectateur aperçoit ces scènes de "désintégration".







La première partie du film, bien rythmée au demeurant, nous montre une chasse à l'homme. Derek, l'un des extraterrestres, s'est enfui du vaisseau car il ne veut pas anéantir une population civilisée. Il sympathise avec une Terrienne, Betty, qui vit avec son grand-père. Thor, un autre extraterrestre (interprété par le comédien britannique Bryan Grant, l'un des investisseurs du film en contrepartie d'un rôle pour lui et sa femme Ursula Pearson dans le métrage), se charge de rechercher Derek pour le ramener au vaisseau. Il n'hésite pas à se servir de son arme sur les malheureux humains se trouvant sur son passage. Sur une blondasse par exemple, qui nage dans sa piscine, ou encore un professeur d'université découvert par sa secrétaire. A chaque fois, ce sont des squelettes parfaitement blancs, avec le petit crochet métallique suspendu sur le crâne (les squelettes que l'on utilise dans les cours de biologie...)






La dernière partie du film montre les méfaits du Gargon, qui ayant grandi au contact de l'atmosphère terrienne, et qui se met à sinistrer la région. Revenons sur cette bestiole, qui n'est ni plus ni moins un homard géant, très mal inséré sur la pellicule du film. De plus, la créature beugle comme un veau, poussant des cris qui la rendent plus ridicule que terrifiante. Bien sûr, Derek parviendra à la vaincre. Originalité cependant dans le final, car malgré une scène de guimauve avec sa nouvelle amie terrienne, Derek se sacrifiera pour éviter l'invasion extraterrestre prévue sur Terre, et ne finira pas avec l'héroine.



Malgré ses défauts et sa ringardise, Teenagers from Outer Space bénéficie d'une réalisation honnête pour un film de ce genre, et le scénario est suffisament rythmé pour que le spectateur ne s'ennuie pas. L'ensemble, entre les victimes du pistolet laser transformées en squelettes de plastique et le Gargon- Homard géant rend l'ensemble assez délirant. Naturellement, Tom Graeff devait sans doute traiter le sujet de son film avec sérieux et gravité. Baptisé Teenagers from Outer Space à sa sortie au cinéma (c'était alors la mode des films mettant en scène des teenagers, interprétés par des acteurs proche de la trentaine), le film ne fut pas un succès retentissant. Bien entendu, il bénéficie aujourd'hui d'un statut de culte aux USA et auprès des amateurs de ce genre de films.

mercredi 11 mai 2011

Présentation du blog

Les Envahisseurs de l'espace, de Ishirō Honda (1970)

Bienvenue sur ce nouveau blog consacré au 7ème art, et plus exactement au cinéma bis. Je n'ai pas pour but ici de faire une histoire de ce cinéma, encore moins de m'improviser critique, mais de montrer un regard personnel sur mon approche du cinéma de "seconde zone". Ici, vous ne verrez pas le dernier blockbuster américain à la mode, ni le dernier film français primé aux festivals de cinéma. Nous allons ici nous intéresser à un genre de production bien particulier, celui des séries B (voire Z dans la plupart des cas).

Le "cinéma bis" est un terme assez vague. Il regroupe des films qui se tournent en parallèle des grosses productions des studios prestigieux. A titre d'exemple concernant les Etats-Unis, à partir des années 1940-1950, ces films bis passent en double programmes, permettant ainsi aux studios de faire des bénéfices en diffusant des films à moindre coût. Diffusées dans les drive-in aux U.S.A. (on retrouve parallèlement les cinémas de quartier à Paris), ils visent un public assez jeune. Dans les films de série B, on peut retrouver les mêmes thématiques que dans un film de "prestige", mais traitées avec un budget relativement inférieur. Cela ne veut pas nécessairement dire que leur qualité soit moindre (il est parfois plus agréable de visionner un film bis légèrement décalé qu'un grosse production de studio ennuyeuse).

Ce cinéma d'exploitation en parallèle des grands studios, s'avère également très varié, puisque nous lorgnerons aussi bien du côté de la science-fiction américaine des années 1950-60 que du côté des films de monstres géants japonnais ou du cinéma indépendant européen. A défaut d'être exhaustifs, nous nous attacherons à présenter et chroniquer les films les plus représentatifs d'un réalisateur ou d'un genre en particulier.

La première réaction du public qui ne connaît ou n'aime pas ce genre de films est souvent de critiquer. Et il est bien facile de critiquer une série B bricolée et tournée à la va vite qu'un gros blockbuster bourré d'effets spéciaux. Cependant, certains de ces films bis possèdent parfois plus d'âme et de sincérité qu'un gros film ressemblant à un clip promotionnel destiné à mettre en vedette la dernière star à la mode. L'argent au cinéma n'est pas toujours gage de qualité.

A travers ce blog, ma modeste tâche consiste donc à présenter des films divers et variés du cinéma bis, et de donner un regard objectif sur ces productions souvent décriées, mais qui au final trouvent une place logique et légitime dans l'histoire du cinéma.